Aby Mbodj

INTRODUCTION

 Au Sénégal, les producteurs ruraux se sont toujours évertués à mettre en place, avec le concours de pouvoirs publics, des formes d’organisations et de gestion pour mieux appréhender la question du développement et maîtriser les circuits de production.

A l’échelle nationale, les producteurs ont mis en place à l’échelle de terroirs villageois, de nouvelles formes d’organisations plus sélectives telles que les groupements de femmes et les organisations de producteurs. De ce fait nous assistons, à travers le pays, à une forte émergence d’associations villageoises, de groupements de producteurs, de comités villageois et inter villageois de développement.

Ce sentiment a été réaffirmé avec l’avènement de la décentralisation qui place les collectivités locales, dotées de pouvoirs institutionnels, au cœur de la problématique du développement local.

 

Plutôt que de considérer la responsabilité propre des paysans dans leur communauté, les partenaires au développement se fabriquent des interlocuteurs à l’image de ce qu’ils désirent entreprendre. Loin de jeter un discrédit sur cette forme de collaboration développée par certains partenaires (ONG, Projet et Programme), cette perspective est surtout mue par la volonté de trouver une interface permettant d’exécuter un projet ou programme. 

 

Ces associations, groupements et fédérations agissent la plupart du temps sur une aire géographique avec des méthodes d’approche différentes et des stratégies d’intervention pas souvent harmonisées. Cette situation a engendré un manque d’efficacité, de rentabilité, de viabilité et de capitalisation des interventions au grand dam du développement local suscité par la multiplicité de ces structures associatives.

L’arrondissement de Thiénaba dans le département de Thiès ne déroge pas à cette règle dans la mesure où trois cadres de concertation totalement distincts les uns des autres s’y trouvent.

C’est le cas des Comités de Concertation et de Gestion (CCG) de Touba Toul et de Ndiéyène Sirah mis en place par le Programme National d’Infrastructures Rurales (PNIR), du Cadre Locale de Concertation des Organisations de Producteurs (CLCOP) implanté par le Programme de Services Agricoles et Organisations de Producteurs (PSAOP) et de la Fédération des Associations et Groupements pour le Développement de Ngoundiane née de l’initiative des producteurs locaux.

C’est dans cette optique, que l’ONG GREEN SENEGAL, dans un souci de corriger les disparités entre les différentes communautés rurales, s’est proposée d’identifier les modalités de mise en place d’un cadre local de concertation au niveau de l’arrondissement de Thiénaba.

 

Pour la réalisation d’une telle étude, il faudrait passer en revue la problématique que constitue la vie de ces organisations et présenter la méthodologie à utiliser pour arriver aux résultats.  Il a été jugé nécessaire de faire l’étude du milieu, de recueillir les forces et faiblesses de ces organisations et les avis des différents acteurs. Enfin des propositions et recommandations seront faites pour la mise en place d’un cadre local de concertation afin de garantir sa bonne fonctionnalité et sa durabilité.

 

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