Ango Bori

INTRODUCTION

L’histoire évolutive de la vie sur terre situe l’existence de l’arbre avant l’homme. Lorsqu’il est apparu sur terre, l’homme s’est mis  à exploiter les arbres. Il se nourrissait de leurs feuilles et de leurs fruits, consommait certaines de leurs parties comme médicaments, se chauffait de leur bois, construisait son habitat, etc.

Durant de longs millénaires, homme et arbre cohabitèrent en équilibre parce que sa présence était limitée et ses outils dérisoires par rapport à la luxuriance de la végétation (JEAN R.F. ; HUGUES D.P., 1993).

Depuis quelques siècles et surtout dans ces dernières décennies, l’explosion démographique de l’humanité (plus de 6 milliards aujourd’hui), ajoutée au niveau technologique avancé a fait rompre l’équilibre préexistant  à travers le développement de l’agriculture, la construction d’infrastructures, la surexploitation de l’arbre pour diverses utilisations. En effet, la superficie moyenne annuelle de déforestation dans les forêts tropicales est d’environ 15,4 millions d’hectares (FAO, 1990).

Au Sénégal, les superficies des forêts naturelles qui en 1980 représentaient 8.1 millions d’hectares se sont réduites à 7.5 millions d’hectares en 1990. La dégradation du couvert végétal a engendré la disparition de 7.4% de celui-ci en 10ans. Plus de  80,1% de la population emploient des combustibles traditionnels (Direction de la planification, 1997)

Nous ne pouvons percevoir l’importance de l’arbre sans le placer dans le contexte de systèmes intégrés de culture et d’élevage. Cette technologie qu’est l’agroforestérie permet aux paysans de pratiquer leurs activités agricoles en exploitant à la fois les avantages directement liés à l’arbre et ses effets positifs sur l’environnement en général, les cultures et l’élevage en particulier.

La conférence des nations unies sur l’environnement et le développement, qui s’est tenue à Rio de Janeiro du 3 au 4 juin 1992, et dont l’objectif était d’aider à la promotion d’un développement durable dans tous les pays du monde, a souligné la nécessité de concilier les exigences du développement économique et social des nations avec le besoin de respecter leur environnement écologique. L’agenda 21 adopté à cette occasion considère qu’il est urgent de mettre en œuvre, dans les pays en voie de développement, des systèmes de production agricoles qui soient à la fois plus productifs qu’actuellement, et moins destructeurs de leur environnement (M.MARC Dufumier,1994).  De nos jours, le combat que mènent la plus part des institutions internationales  de développement comme le PNUD est de lutter contre la pauvreté, garantir une sécurité alimentaire  en milieu rural tout en assurant un aménagement et une  gestion durable des ressources naturelles. Cela est plus qu’une  urgence, car, c’est devenu une  habitude pour les populations rurales en situation d’extrême pauvreté de faire recours aux produits forestiers déjà menacés de disparition  pour combler certains manques. Au Sénégal, Diourbel est une des régions  où le phénomène de désertification se fait de plus en plus sentir à cause des sécheresses répétées et de l’action anthropique continue sur les ressources naturelles. Dans cette région, malgré les taux de croissance observés suite à l’application des différents programmes d’ajustement structurel, les conditions de vie des couches défavorisées n’ont cessé de se dégrader. C’est dans ce contexte que le gouvernement du Sénégal et le PNUD ont lancé le programme national de lutte contre la pauvreté pour corriger les déficiences sociales et améliorer les capacités productrices des populations pauvres. Le Projet de Consolidation et d’Extension de l’appui à l’Agroforesterie dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, initié par l’ONG GREEN-Sénégal, est  intervenu durant sa première année d’activité dans les communautés rurales  de Lambaye et de Baba Garage (département de Bambey, région de Diourbel.). Ce projet contribue à la mise en œuvre d’activités d’aménagement et de gestion des ressources naturelles à travers la régénération des sols. Les résultats de la première année ont été satisfaisants et les demandes se sont multipliées. C’est ainsi que le projet envisage d’intervenir dans d’autres localités parmi lesquelles, la communauté rurale de Ngoye dans le même département. Pour avoir une situation de référence en vue de l’établissement d’une base de données socioéconomiques, il convient de procéder à une étude  socioéconomique des unités de production dans la dite communauté rurale. Pour ce faire, il est nécessaire de poser une problématique, proposer une méthode de travail, définir certains termes clés de l’étude, faire une revue bibliographique, analyser les résultats de l’étude, terminer par des recommandations et une conclusion.    

 

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