Le secteur agricole (agriculture, élevage, exploitation forestière, pêche) occupe au Sénégal plus de 60% de la population active mais ne contribue que très modestement (20%) au PIB (FAO/SMIAR, 2001). La production céréalière est insuffisante exposant les populations à la pénurie alimentaire et les performances du secteur sont mitigées. Cette situation est en grande partie liée aux conditions climatiques peu favorables et à une forte pression sur les ressources naturelles.
Devant l’ampleur de cette situation qui n’est pas sans conséquence sur l’économie nationale, les autorités en accord avec les partenaires au développement, ont adopté une série des reformes visant à relancer la croissance. Celles-ci passent notamment par une amélioration de l’environnement agro-écologique et économique.
Au niveau du secteur agricole, les reformes se sont traduites par le désengagement de l'état, la privatisation et la restructuration des entreprises publiques chargées du développement rural et agricole, la responsabilisation des producteurs ruraux, l’élimination des subventions sur les intrants et le crédit agricole…(Ministère de l’agriculture, 1999).
Ces mesures ont certes permis d’amorcer la croissance du secteur agricole, mais ses effets sont négligeables en termes de lutte contre la pauvreté, dont le niveau demeure encore préoccupant, notamment en milieu rural. En effet, selon les données de l’Enquête Sénégalaise Auprès des Ménages (ESAM) portant sur l’année 1994, 30% des ménages vivent en dessous du seuil de la pauvreté et 75% des ménages pauvres résident en milieu rural. (Direction de la Prévision et de la Statistique, 1997).
Ainsi donc, eu égard à la persistance de la pauvreté en milieu rural, les autorités sénégalaises ont récemment renouvelé leur engagement en accordant la priorité à la lutte contre la pauvreté et la sécurité alimentaire dans l’élaboration du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP). C’est dans ce cadre que s’inscrit la stratégie de développement rural décentralisé.
A l’instar des autres régions du pays, la région de Thiès n’est pas en reste dans ce programme de lutte contre la pauvreté.
Dans le département de Thiès, outre l’engagement des autorités à juguler le phénomène de la pauvreté, il faut noter l’implication dans cet élan de certaines organisations et projets de développement rural tels que l’ONG GREEN-SENEGAL. Cette dernière a fait de l’arrondissement de Thiénaba une de ses zones d’intervention par l’implantation d’une antenne de formation communautaire afin d’aider les populations locales à promouvoir leur développement.
A travers cette étude qui concerne la communauté rurale de Thiénaba, nous allons d’abord élucider les aspects physiques et socioéconomiques de la communauté rurale avant d’aboutir à une typologie des ménages et finir avec les perspectives de développement qui seront à même de contribuer à atténuer les conséquences de la pauvreté sur l’environnement.
Pour le document complet, veuillez contacter greensenegal@sentoo.sn