Ibrahim Abdoulaye

INTRODUCTION

Les différents plans d’ajustement structurel (PAS) mis en œuvre au Sénégal n’ont pas eu les effets escomptés. Malgré les taux de croissance observés, les conditions de vie des couches défavorisées n’ont  pas cessé de se dégrader.

Les données sur l’incidence de la pauvreté au niveau des ménages montrent que, pour l’ensemble du pays 33,4% des ménages sont pauvres. En zone rurale ce pourcentage est égal à 44,4%. Les enquêtes les plus récentes sur l’approvisionnement des ménages montrent que, les besoins nutritionnels d’une fraction importante de la population sénégalaise ne sont pas satisfaits. ( Ministère de l’Economie, du Finance et du plan, IX ème plan. 1997)

Cette paupérisation de la population en expansion a des effets néfastes sur l’environnement. Dans les zones rurales à potentiel de production élevé mais à rendement faible, règne souvent l’insécurité alimentaire du fait d’une mauvaise utilisation des ressources naturelles. La pauvreté, l’insécurité alimentaire et les impacts sur l’environnement sont souvent associés et constituent un cycle qui se perpétue lui-même. Or, la croissance économique dépendra, dans une grande mesure de l’état des ressources naturelles qui constituent les éléments fondamentaux sur lesquels est basé le développement durable.

Les programmes de lutte contre la pauvreté doivent attaquer les causes profondes, que ce soit la dégradation des ressources naturelles, la faiblesse de l’épargne et des investissements ou d’autres facteurs pour donner de bons résultats. Les projets et programmes de gestion de ressources naturelles ne peuvent réussir à asseoir le développement local que s’ils s’attaquent profondément au problème de la pauvreté et s’ils arrivent à concilier l’approche économiste qui met l’accent sur la gestion des ressources naturelles, et l’approche économique qui privilégie la réalisation des activités économiques. Ceci montre la nécessité de contextualiser la problématique de la décentralisation et du développement local pour éviter de généraliser les analyses et les conclusions.(Bulletin FTPP, n°17,1999)

Pour attester de l’importance qu’il accorde à la sauvegarde de son patrimoine naturel, à l’instauration d’une sécurité alimentaire et à la diminution de la pauvreté, le Sénégal et le PNUD ont lancé le Programme National de Lutte Contre la Pauvreté pour corriger les déficiences sociales et améliorer les capacités productrices des populations les plus démunies en affectant les ressource mobilisées aux ménages les plus pauvres. L’objectif est d’améliorer les conditions de vie des populations les plus démunies et leur accès aux services sociaux de base.

 

Les ressources devront être utilisées dans trois secteurs :

·         l’accroissement des revenus des populations par une politique volontariste de promotion de la micro entreprise et les activités génératrices de revenus.

·         L’amélioration de la couverture des besoins des populations dans les secteurs sociaux de base.

·         L’aménagement et la gestion du cadre de vie.

Le PNUD intervient dans les zones les plus touchées du Sénégal dont le département de Bambey, champ d’action du sous programme3 (SP3). Le présent Projet de Consolidation et d’Extension de l’Agroforesterie dans le cadre de la Lutte contre la Pauvreté vient s’insérer dans l’exécution du SP3. Au départ le SP3 intervenait dans les communautés rurales de Lambaye et de Baba Garage. Cette année,  une extension a été faite à celle de Ngoye où huit(8) villages ont été ciblés. Il contribuera à la mise en œuvre d’activités d’aménagement et de gestion durable des ressources naturelles à travers la régénération des sols.

Le présent document étudie les aspects socio-économiques et biophysiques de la CR de Ngoye. Il s’articule autour de la présentation de la CR, de la revue bibliographique, de la présentation et de l’analyse des résultats suivis de la conclusion recommandations.

 

 

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