Issaka Garba

INTRODUCTION

La population du Sénégal connaît un rythme d’accroissement important avec un taux compris entre 2,6 et 3 % par an. A ce taux la population va doubler tous les 25 ans, ce qui l’amènerait à près de 15 millions en 2015 (Ango BORI, 2001).  L'agriculture au Sénégal occupe 65-70 % de la population active, réparties en 480 000 exploitations et contribue entre 10-20 % au Produit intérieur brut. Près de 61% des ménages vivent en milieu rural et ont un revenu annuel de moins de 600 000 Fcfa pour vivre. Le revenu agricole est de 3 %, la production agricole ne couvre que 52 % des besoins alimentaires de base le déficit étant compensé par des importations (riz:300000 tonnes, blé:100000 tonnes). Environ 30 % de ménages Sénégalais vivent en dessous du seuil de pauvreté dont 75 % des ménages pauvres localisés en milieu rural (Sidy.G.NIANG, 2000). En d'autres termes la zone rurale au Sénégal est caractérisée par une très forte incidence à la pauvreté 72-88 % tandis qu'en zone urbaine elle varie entre 44-59%. Il va sans dire que la concomitance d’une croissance démographique forte dans un environnement économique aussi peu porteur ne peut qu’alimenter une pauvreté massive : pauvreté en termes de revenu monétaire, en termes d’accès à l’alimentation, d’accès aux services sociaux de base, de participation à la vie publique, etc (CILSS, 2002).

          L’économie sénégalaise a connu des périodes de programmes successifs de politique d’ajustements structurels afin de rétablir les grands équilibres macroéconomiques et financiers, restaurer la croissance et la compétitivité de l’économie nationale. La non prise en compte de la dimension sociale dans ces politiques ainsi que la forte croissance démographique et l’urbanisation galopante dans les grands centres urbains ont engendré une détérioration des conditions de vie des populations à savoir les couches les plus vulnérables.

Le gouvernement sénégalais en accord avec ses partenaires au développement a pris l’engagement de promouvoir la croissance économique et le développement humain en prenant en compte la variable sociale. La manifestation la plus concrète de cet engagement est confirmée dans l’élaboration des IXeme et Xeme plan de développement économique et social, le programme élargi de lutte contre la pauvreté (PELCP), le document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) dont les objectifs principaux demeurent l’atténuation des conséquences de la pauvreté sur l’environnement et d’autre part à l’amélioration substantielle du niveau de vie des populations en leur assurant le bien être.

 

La région de Thiès occupe la deuxième place en importance après celle de Dakar au plan démographique avec 13 % de la population nationale sur 3 % de la superficie nationale. La population régionale est passée de 941151 habitants en 1988 à autour de 1310930 en 2000 avec un taux annuel de 2,8 % inférieur à la moyenne nationale. Au plan de la répartition spatiale, il y a une forte concentration avec une densité moyenne de 198 habitants/ Km2 (Khady GNINGUE, 2000).

Au plan agricole, en milieu rural, la densité est forte et varie entre 62 et 137 habitants/ Km2. Cette situation augmente la pression sur les terres agricoles rares et fragilisées par la sécheresse et la monoculture arachidière qui a pour corollaire la chute de la production agricole ce qui engendre un faible revenu et un manque de couverture des besoins alimentaires des producteurs (Khady GNINGUE, 2000). La communauté rurale de Ngoundiane est localisée dans l'arrondissement de Thiénaba, département de Thiès et région du même nom. Elle est confrontée presque dans l'ensemble aux mêmes contraintes que l'agriculture sénégalaise à savoir : faiblesse et variabilité de la pluviométrie (en 20 ans 11 sécheresses);la faible taille moyenne des parcelles cultivées; la baisse du revenu réel des paysans; accès difficiles au système de  crédit; la non disponibilité de semences de bonne qualité en quantité suffisante(arachide); l'obsolescence du matériel agricole; l'absence de financement conséquent(élevage); la rigidité et les insuffisances de la loi sur le domaine national;le faible niveau d'éducation des paysans; la saturation et la dégradation des terroirs (près de 50% des terres cultivées sont dégradées); l'insuffisance relative de la tranche d'âge (25-49 ans) apte au travail agricole; etc A travers ce travail dont le thème est "contribution à l'étude socio économique des exploitations familiales dans la communauté rurale de Ngoundiane",les réflexions seront focalisées sur : l'ensemble des infrastructures de base communautaire existant permet -il l'amorce d'un développement ? L'accès physique et économique aux disponibilité alimentaire se pose- t-il de manière accrue? Ces exploitations arrivent- elles à s'autosuffir sinon quelles sont les stratégies de survie? Quel est le degré de pauvreté? L'environnement est-il sérieusement menacé et quelles sont les mesures antiérosives entreprises ? Le phénomène de la migration très accentué dans d'autres communautés rurales a-t-elle atteint des proportions inquiétantes? Zone de carrière par excellence, les retombées de cette extraction minière assurent elles de revenu monétaires subséquents aux exploitations familiales?

Nous nous proposons pour ce thème d’abord de procéder à une présentation de l’étude, ensuite de décrire le cadre de l’étude et enfin terminer par une présentation des résultats.

 

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