Issaka Garba

INTRODUCTION

Le Sénégal est un pays qui fait partie du groupe des Pays Economiquement Faibles et à Déficits Vivriers (PEFDV). Ce groupe réunit, selon la FAO, des nations pauvres, avec des revenus per capita n’atteignant pas 1505 dollars US, et importatrices nettes de denrées alimentaires. Estimé à 540 dollars US en 1997 (Guèye, 2000 cité par Sanoussi, 2004), le revenu net per capita au Sénégal est en baisse continue. Cette situation de faible pouvoir d’achat, combinée aux niveaux élevés de chômage et de sous emploi, fait que beaucoup de sénégalais se trouvent dans l’incapacité de satisfaire leurs besoins alimentaires et ceux de leurs familles en quantité et en qualité adéquates.

Au Sénégal, la sécheresse qui a sévi ces dernières années, a  engendré  une diminution considérable des productions végétales et animales. La régression constante des précipitations constitue la principale cause de cette évolution. Parallèlement à cela, la population augmente à un rythme tel que l’approvisionnement alimentaire par habitant diminue. Pour faire face aux besoins des populations de plus en plus croisant il faudrait des importations de denrées alimentaires (riz : 350 000 tonnes ; blé : 100 000 tonnes)) ce qui entraîne une perte en devises considérables.

La proportion des ménages au dessous du seuil de pauvreté est de 53,9 % en 2001 (DSRP, 2002). Le secteur rural est caractérisé par une très forte incidence de la pauvreté par rapport aux villes. En zones urbaines moins de 17 % des ménages sont classés pauvres, alors que ce pourcentage atteint près de 45 % dans les zones rurales et cache de très fortes disparités entre les régions. Toutefois, beaucoup d’expériences de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ont été capitalisées dans le cadre d’initiatives individuelles, communautaires et étatique. Le gouvernement sénégalais en accord avec ses partenaires au développement a pris l’engagement de promouvoir la croissance économique et le développement humain en prenant en compte la variable sociale. Comme en témoigne le programme élargi de lutte contre la pauvreté (PELCP), le document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP) dont les objectifs principaux demeurent l’atténuation des conséquences de la pauvreté sur l’environnement et d’autre part à l’amélioration substantielle du niveau de vie des populations en leur assurant le bien être.

Dans l’arrondissement de Thiénaba en général et dans la communauté rurale de Ndiéyène Sirakh, l’agriculture est la principale activité donc première source d’approvisionnement des exploitations en denrées alimentaires. Cette agriculture est caractérisée par l’irrégularité des précipitations, baisse de la fertilité des sols, faible intensification et de diversification, faible production agricole, exode rural, la reconversion des producteurs (maraîchage, transporteur, commerce etc.)

Cette situation de crise a engendré des interventions de différents acteurs dont notamment celle de GREEN SENEGAL. Pour une intervention efficace, GREEN SENEGAL s’est engagée à mener des études diagnostiques dans la CR de Ndiéyène Sirakh. Ces études permettront d’établir une situation de référence mais aussi de définir les actions à entreprendre pour lutter contre la pauvreté en conciliant la gestion optimale et durable des ressources naturelles.

Pour atteindre les objectif assignés à l’étude, ses interrogations constitueront le parchemin : L’ensemble des infrastructures communautaires peut-il contribuer à un développement harmonieux ? L’accès physique et économique aux disponibilités alimentaires est- il satisfaisant ? L’autosuffisance alimentaire est elle de mise au niveau de ces exploitations familiales  sinon quelles en sont les stratégies de survie mises en œuvre ? Quelle part approximative le revenu agricole au sens large représente – t – il encore dans le revenu des exploitations ? Peuvent elles emprunter ou prêter de l’argent à qui ou auprès de qui ? Sinon ont-elles la capacité de rembourser ou d’être remboursé ? La rente migratoire permet elle aux exploitations familiales de vivre dans des conditions les meilleures ?  Les actions de protection de l’environnement et des mesures de gestion des ressources naturelles sont- elles suffisamment encrées dans les pratiques quotidiennes?

 

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