Lettre de la Directrice
La pauvreté en milieu rural est souvent synonyme de faibles revenus monétaires, de difficultés d’accès au crédit (intrants agricoles et activités génératrices de revenus), de faibles productions agropastorales et de manque criard d’infrastructures de base.
Ces maux qui constituent de nos jours la résultante de la pauvreté ne sont pas cependant l’apanage du monde rural. De plus en plus, avec l’émergence des bidonvilles, la paupérisation gagne les villes et gangrène la société sénégalaise.
La désertification menaçante et le régime pluviométrique aléatoire avec comme corollaire la dégradation prononcée des terres ont placé le producteur Sénégalais dans une situation délicate.
La campagne agricole 2002 a fini hélas par convaincre les plus sceptiques sur la nécessité de définir une nouvelle politique agricole en phase avec la position écogéographique du pays et centrée sur des priorités réalistes et des options de développement mesurées du secteur.
C’est conscient de l’ampleur du phénomène et de la tâche combien ardue qui attend les acteurs de développement que le Groupe de Recherche et d‘Etudes Environnementales GREEN SENEGAL s’est résolument engagé d’une part à lutter pour la préservation de l’environnement et d’autre part à impulser une dynamique de sécurité alimentaire au niveau de ses zones d’intervention à travers son programme de multiplication des semences.
Cette option irréversible, qui cadre avec la mission de GREEN SENEGAL, entrepris en partenariat avec certains bailleurs notamment (le PNUD, APSO, le FEM, le RAF 2000, le PNIR, UNESCO, la Banque Mondiale, le PLCP et le FNRAA) se précise d’avantage et constitue le leitmotiv de l’intervention de l’ONG.
Sur le plan des activités, l’ONG a mis l’accent sur l’évaluation, la valorisation et la capitalisation des résultats obtenus en 2001 notamment à Thiambène Tyll, Bambey et Ndof en s’inscrivant dans une logique de renforcement de sa stratégie d’intervention pour atteindre les objectifs que l’ONG s’est fixé.
Des résultats certes encourageants ont été obtenus dans l’exécution de ces différentes activités ; mais il demeure que des efforts soutenus doivent être faits pour consolider les acquis et dégager les stratégies réalistes d’appui aux populations à la base.
Ce présents rapport annuel fait un rappel des objectifs de chaque projet et dresse la situation actuelle, le niveau d’exécution et les résultats obtenus.
Le présent rapport annuel du Groupe de Recherche et d’Études Environnementales (GREEN SÉNÉGAL) tient compte des données définitives relatives aux activités de l’organisation en 2002 ainsi que des actions conjointes menées dans le cadre du partenariat développé avec d’autres structures.
Ces activités se résument pour l’essentiel :
v à la réalisation de parcelles embocagées ;
v à la production de plants et au reboisement ;
v à la promotion des la sécurité alimentaire à travers la multiplication des semences ;
v à l’amélioration de la fertilité des sols par le compostage ;
v à la réalisation d’infrastructures communautaires de base (hydraulique villageoise et digue anti sel)
v à l’élaboration des outils de planification (plan local de développement communautaire, plan annuel d’investissement, plan de formation et plan de communication) ;
v à l’audit environnemental et à la cartographie ;
v au renforcement des capacités des populations grâce à la formation et aux visites d’échanges d’expériences ;
v au plaidoyer environnemental (vulgarisation du code de l’environnement, émissions radio, films, conférences, participation aux rencontres internationales notamment Johannesburg…) ;
v au positionnement stratégique de l’organisation trois ans après le premier atelier.
2002, placée sous le sceau de la consolidation des acquis n’a pas été cependant de tout repos. En effet l’hivernage effectif dès la deuxième décade de Juin a connu des poches de sécheresse prononcée au point de compromettre les productions agricoles mais également de limiter sensiblement les ambitions de l’organisation concernant le programme de reboisement.
La mise en place d’infrastructures hydrauliques (puits subventionnés) au niveau des zones et l’intégration de la dimension arbre dans le vécu des populations ont permis dans certains sites comme Mpal d’obtenir des résultats satisfaisants sur le plan du reboisement. Ailleurs où ces conditions n’étaient pas remplies, la situation est moins reluisante.
Concernant le rétablissement du capital semencier, les calamités naturelles enregistrées cette année ont eu raison sur les productions. Des récoltes quasi nulles ont été observées chez certains producteurs.
L’extension des compétences de la structure en terme de planification suscité par les contrats signés dans le cadre du PNIR a permis d’élaborer au bénéfice dudit programme quatre plans locaux de développement quatre PAI, quatre PF et quatre PC au bénéfice des Communautés Rurales de Ndangalma, Mbayène, Sakal et Léona.
Il en est de même du plaidoyer environnemental soutenu jusque là par l’UNESCO et qui connaîtra une redynamisation grâce à la collaboration avec le CTA.
Avec le financement de la deuxième phase du projet de Thiambène Tyll, du PLCP, du CTA, du FNRAA et de la collaboration imminente avec la Solidarité Socialiste, des perspectives d’extension et de diversification des activités s’ouvrent à GREEN SENEGAL.
Pour le document complet, contactez greensenegal@sentoo.sn